Meilleurs médecins pour meilleure assurance santé
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- Créé le jeudi 21 juillet 2011 12:09
Et voilà, on y vient: l'État engage –enfin- les médecins (généralistes et spécialistes) pour une meilleure assurance santé. Un dispositif qui s'ajoute au parcours de soin, au déremboursement de certains médicaments, à la mise en place des génériques. Juguler l'hémorragie des dépenses de santé est de première importance. Car elles risquent de causer la faillite de notre système d'assurance maladie d'une part. D'autre part, elles entraînent une hausse de tarif des mutuelles régulière, car les assurances complémentaires santé doivent de plus en plus se substituer à la Sécurité Sociale pour le remboursement des soins. C'est donc à la fois une question de santé publique, et une question de santé financière. Le comparateur de Mutuelle fait le point...
Valoriser la performance des médecins
C'est dit et acté: désormais, on responsabilise aussi les médecins, et pas seulement les patients. Voici les principaux points de la nouvelle convention médicale adoptée cette nuit du 20 juillet 2011, entre les syndicats de médecins libéraux, les assurances complémentaires santé et la Sécurité Sociale (branche Assurance maladie).
Prime à la performance pour les généralistes
La performance est évaluée sur la réalisation de 26 objectifs. En tête: prescription de médicaments génériques, dépistage des cancers, suivi des vaccins saisonnier... Si les objectifs sont remplis, le médecin peut toucher jusqu'à 9 100 euros de bonus par an.
Notons au passage qu'on récompense les bons élèves, sans sanctionner les mauvais. Et que les seuls sanctionnés sont les usagers, qui voient réduire l'accès aux soins comme peau de chagrin, les obligeant à souscrire des mutuelles complémentaires de plus en plus chères, et dont ils n'ont pas toujours les moyens. Par exemple les étudiants qui ne peuvent pas souscrire de mutuelle.
Dépassements d'honoraires encadrés
Création d'un nouveau secteur tarifaire dit "optionnel" réservé aux spécialistes. Plafonnement des dépassements d'honoraires qui ne devront pas dépasser plus de 50% du tarif "normal". Contrepartie pour le médecin spécialiste: une partie de ses propres cotisations sociales sera prise en charge par l'État.
Reste à savoir quel est le tarif normal de référence applicable, et comment les mutuelles vont prendre en charge les honoraires de ce nouveau secteur optionnel. Si elles les remboursent, feront-elles le complément à hauteur du tarif réel de dépassement d'honoraire? Avec quelles répercussions sur le tarif de cotisation des assurances et mutuelle complémentaire santé?
À suivre, et à comparer: rendez-vous en Octobre, car les tarifs seront sans doute recalculés, et ce sera la bonne période pour résilier votre contrat actuel pour une mutuelle moins chère, en respectant le préavis des mutuelles.
Incitations "désert médicaux"
Aides à l'investissement et à l'activité pour favoriser l'installation de nouveaux docteurs dans les secteurs où il y a pénurie de médecins: les fameux déserts médicaux.
Les patients seuls responsables du déficit?
Jusqu'à ce jour, tout l'arsenal des dispositifs déployés pour réduire les dépenses de santé n'a visé que le patient. Déremboursement, parcours de soin, franchise de 1 euro, dossier médical etc. On a toujours cherché à rendre le bénéficiaire du soin responsable de ses dépenses... et du déficit de la Sécurité Sociale.
En oubliant que sans ordonnance de médecin, aucune dépense de santé n'est remboursée, ni par l'Assurance Maladie, ni par la mutuelle (*)!
(*) votre mutuelle ne rembourse que le complément des frais pris en charge par l'Assurance Maladie, sauf disposition particulières du contrat. Comparez les conditions des mutuelles santé en détail.
Les professionnels de santé acteurs du déficit de l'Assurance Maladie
Ça fait longtemps que le gouvernement évoque le problème, sans jamais y toucher: les professionnels de santé participent largement à creuser le déficit de l'Assurance Maladie, au travers de certaines pratiques abusives.
Sur-médication, multiplication d'examens déjà demandés, arrêts de travail complaisants etc. Pratiques auxquelles s'ajoutent les dépassements d'honoraires devenus trop fréquents, et très coûteux: des dépassements de 100 à 300 euros sont "monnaie" courante chez les chirurgiens, anesthésistes et autres spécialistes ou professions para-médicales. Certains vont même jusqu'à 500 euros et plus!
Sans parler d'actes surfacturés: 5 séances de 10 minutes facturées 500 euros par un kinésithérapeute dans un séjour dans une clinique, pour de vagues massages censés prévenir les escarres: 10 euros la minute, là où beaucoup de salariés gagnent péniblement 10 euros de l'heure. Faites le calcul! Et c'est la mutuelle et l'Assurance Maladie qui paient.
Espérons que cette nouvelle convention soit le début d'une meilleure responsabilisation des vrais responsables du déficit: ceux qui signent des ordonnances ou des arrêts maladies abusifs, demandent des examens redondants, ou sur-facturent leurs prestations. En favorisant les professionnels qui sont déjà dans une démarche éthique et responsable de leur métier.
Meilleurs médecins pour meilleure assurance santé




Et voilà, on y vient: l'État engage –enfin- les médecins (généralistes et spécialistes) pour une meilleure assurance santé. Un dispositif qui s'ajoute au parcours de soin, au déremboursement de certains médicaments, à la mise en place des génériques. Juguler l'hémorragie des dépenses de santé est de première importance. Car elles risquent de causer la faillite de notre système d'assurance maladie d'une part. D'autre part, elles entraînent une hausse de tarif des mutuelles régulière, car les assurances complémentaires santé doivent de plus en plus se substituer à la Sécurité Sociale pour le remboursement des soins. C'est donc à la fois une question de santé publique, et une question de santé financière. Le comparateur de Mutuelle fait le point...