Santé: nouveau régime d’hiver en 2011

Assurance santé au régime
On connaît le régime d'été pour afficher une jolie silhouette mince sur les plages. Cet hiver, on annonce un nouveau régime dans la lignée des stratégies "minceur à tout prix", mais appliqué à l'Assurance Santé! 2011 sera l'année du régime d'assurance maladie avec des dépenses allégées coûte que coûte, et ça démarre dès janvier...

Réduire la ligne des dépenses de santé

Dorénavant, en plus du régime d'été pour les plages, cet hiver hommes et femmes seront soumis à un nouveau régime: celui de l'assurance maladie, avec des remboursements de soins encore plus restreints. La ligne qu'on veut faire fondre, c'est celle du crédit faramineux que l'État est obligé de souscrire, chaque année, pour couvrir le déficit des dépenses de santé du pays.
Et pour éviter de trop vous serrer la ceinture, vous aurez intérêt à trouver la bonne complémentaire: meilleur prix avec meilleurs services.

Se contenter de limiter le déficit

Non seulement nous admettons désormais tous les ans qu'il y aura du déficit, mais en plus, on estime son taux de croissance. Ainsi, le gouvernement fixe une augmentation du déficit de 2,9 % en 2011. Comprenez qu'il ne s'agit pas de réduire les dépenses de santé, mais seulement d'éviter qu'elles flambent trop. En bref, il s'agit juste de limiter la casse l'année prochaine.

À Noter: si le déficit se creuse, c'est aussi parce que les recettes baissent (la crise et le chômage entraînent une baisse des cotisations maladie). Et ça, on en parle moins.

Les grandes lignes de la réforme santé en 2011

Pour les assurés: être moins remboursé

On se trouve dans une logique économiste assez insolite, car en guise de réforme de la Sécurité Sociale, le Gouvernement prévoit essentiellement de rogner sur les remboursements de soins et de médicaments aux assurés. Au lieu de faire baisser le niveau des dépenses qui lui continue allègrement de s'envoler, et affiche une insolente bonne mine!

  • Baisse du taux de remboursement:
    Pour les médicaments à vignette bleue de 35 % à 30 %. Ces médicaments sont estimés rendre un service médical "modéré".
  • Baisse d'un demi-point du ticket modérateur:
    Sur les consultations de médecine en ville. Concrètement, la Sécurité Sociale rembourserait 69,5 % contre 70 % actuellement, la différence étant à la charge de l'assuré (ou de sa mutuelle complémentaire).

Économie réalisée: 200 millions d'euros. Ou plutôt non-remboursement, car les 200 millions d'euros restent bien dépensés quand même...

  • Baisse de la prise en charge en ALD:
    Certaines affections n'y seraient plus admises (hypertension artérielle isolée...). Abaissement aussi du remboursement des transports. Enfin, les malades admis en ALD seraient exclus du dispositif une fois leur guérison admise. Pour certains malades, il s'agit de rémission, non de guérison...
  • Baisse du nombre d'actes avec participation forfaitaire:
    On remonte le seuil des actes sur lesquels l'assuré ne paie que sa participation forfaitaire de 18 euros. Elle serait applicable seulement à partir de 120 euros, au lieu de 91 euros actuellement.

Pour les assureurs et mutuelles: taxe en vue

En complément de la "mesure" affectée aux assurés, une taxe de 3,5 % serait appliquée aux contrats responsables, avec pour conséquence une augmentation des cotisations de mutuelle complémentaire.

Pour les professionnels: invitation

Enfin, si les dépenses augmentent et que le déficit explose, c'est aussi à cause des pratiques des professionnels de santé et des industries pharmaceutiques. Or, de leur côté, la réforme consisterait à leur demander gentiment d'être "un peu moins chers". Libre à eux de faire ou non l'effort. Étonnant, quand on sait qu'ils perçoivent une bonne partie des fonds générés par les dépenses de soins, budget de recherche et autres fabrications de campagnes préventives compris. Pour mémoire, la campagne AH1N1 qui a coûté 80 millions d'euros à l'État, au profit des laboratoires. Sans oublier le vaccin anti-grippe annuel...

Professions médicales et paramédicales

Une baisse des tarifs de certains professionnels de santé est tout de même envisagée, qui toucherait en particulier biologistes et radiologues. Les médecins de ville, verront leur prix de consultation médicale revalorisé à 23 euros en janvier 2011. Sans doute pour mieux les faire collaborer, car ils seront "invités" à participer à l'effort de guerre en réduisant prescriptions de médicaments et actes paramédicaux (imagerie, analyses en laboratoires...).

Industrie pharmaceutique

Il sera également demandé aux laboratoires pharmaceutiques de baisser le prix des médicaments. Cette mesure déjà appliquée l'an dernier aurait permis une "économie" de 500 millions d'euros.

Une réforme superficielle

En bref, la réforme de l'assurance maladie 2011 ne prévoit pas de toucher au système de santé actuel, lui-même largement en cause dans le déficit actuel.
On fustige toujours le comportement de l'assuré, mais on ferme les yeux sur celui des professionnels: dépassements d'honoraires, pratiques hospitalières abusives, mauvaise coordination des soins etc. Il y aurait pourtant bien des efforts à faire de ce côté-là aussi.
Pas de vraie réforme, donc, et c'est encore le porte-monnaie de l'assuré qui va trinquer.

Au final, un régime santé mode hamburger

En conclusion, il s'agit bien là d'un renforcement de mesures déjà existantes pour limiter le déficit de l'Assurance Maladie. Rien de nouveau, pas de réforme au sens strict, pas de vraie réduction des dépenses de maladie et de soins de santé. Les mutuelles et assurances complémentaires santé seront plus engagées, donc plus chères.
L'assurance Maladie se contente de rembourser moins. Le pouvoir d'achat des français reste le seul sacrifié sur l'autel de la crise et du déficit.

Si l'on y regarde bien, en déplaçant peu à peu la part de remboursement vers les mutuelles et les assurances complémentaires santé, depuis 1983, l'État tente d'habituer les français à une prise en charge privée du système de soin, à la mode américaine... Un régime santé façon hamburger: indigeste et lourd!