Une « Aide à mourir » pour la fin de vie?

euthanasie
L'Ordre des médecins envisage pour la première fois "l'aide à mourir". Sans pour autant évoquer l'euthanasie, la loi sur la fin de vie pourrait être revue pour faire face à des situations de fin de vie exceptionnelles.
Offrir une "assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" était l'une des promesses de campagne de F. Hollande. Le rapport Sicard, remis au président en décembre 2012, réfute quant à lui l'idée de l'euthanasie. Désormais, c'est l'Ordre des médecins qui se prononce en faveur de l'aide à mourir, sans pour autant employer le mot "euthanasie". Le point avec DevisMutuelle.com, comparateur de mutuelles.

Loi actuelle sur la fin de vie: la loi Leonetti

En France, une loi régit la fin de vie: c'est la loi Leonetti. Elle offre la possibilité d'administrer des anti-douleurs aux patients en fin de vie même si ces derniers auront pour conséquence de lui "abréger la vie". Elle protège en outre contre l'acharnement médical, qui peut rallonger la vie du patient, mais qui est souvent vécu comme une extension du temps de souffrance pour ce dernier. De plus, la loi Léonetti autorise le médecin à arrêter certains traitements qui n'auraient que pour objectif d'allonger la vie d'un patient inconscient. Rien donc dans cette loi en ce qui concerne l'accélération de la mort. Et c'est là que le bas blesse: aucune réponse n'est apportée aux personnes en phase terminale, atteintes de maladies graves, incurables, qui souffrent, et qui souhaitent s'échapper de cette condition.

L'Ordre des médecins en faveur de l'aide à mourir

Sans jamais employer le terme d'euthanasie, l'Ordre des médecins s'est exprimé pour "une sédation, adaptée, profonde et terminale délivrée dans le respect de la dignité pourrait être envisagée", "non pas par un seul praticien mais par une formation collégiale". En d'autres termes, un collège de médecins pourrait prendre la décision d'abréger la vie d'une personne en fin de vie, et en état de souffrance. Il propose donc une sédation létale, qui répondrait à des situations exceptionnelles, à condition que le patient exprime son désir de mourir de façon "persistante, lucide et réitérée".

Le mot de DevisMutuelle, comparateur de mutuelle santé

L'euthanasie reste un dossier sensible en France. Si elle répondrait aux attentes de malades, épuisés, qui voit en elle une libération, elle va aussi à l'encontre de certains principes. Comme le souligne Mgr d'Ornellas, archevêque de Rennes et chargé des questions de bioéthique au sein de la Conférence des évêques de France, une telle loi remettrait en cause le précepte «tu ne tueras pas». Elle bouleverserait donc les principes de notre société en profondeur, d'où les réticences de certains. Pour répondre à ces contraintes, on avait même pensé au suicide assisté, qui consiste à aider le patient pour qu'il s'injecte lui-même la solution mortelle. Selon le rapport Sicard, 56% des français déclarent souhaiter une aide pour mourir en cas de situation insupportable, et il ne se pratiquerait pas moins de 3 000 euthanasies par an en France, malgré son interdiction (selon le directeur de l'Institut national d'études démographiques, l'Ined). Un projet de loi devrait être présenté au Parlement courant juin 2013. Affaire à suivre!