L’Assurance Santé « sauce » U.S.A est malade

assurance santé USA
Barack Obama l'a voulu, les américains n'en voudraient plus : sa réforme pour une Couverture Maladie Universelle est dans un état critique. Pourtant, c'est une avancée sociale majeure, qui concerne près de 47 millions de citoyens, sur une population totale de 310 millions d'individus : soit près d'1 américain sur 6. Peut-être inspiré par le système français de couverture sociale, le Président des États-Unis d'Amérique œuvre depuis le début de son mandat à une réforme de l'assurance-maladie américaine.

Le plan de Couverture Maladie Universelle du Président américain doit permettre l'accès aux soins, indépendamment de toute considération de ressources, des 47 millions de citoyens qui en sont actuellement privés. Avant la réforme, c'est comme si 1 français sur 6 n'avait aucune protection santé: impensable chez nous.

Une avancée sociale réfutée par la population

Malheureusement les républicains veulent que cette avancée sociale majeure, mise en place il y a seulement 6 mois, soit abrogée !
Pourtant, de nombreux citoyens américains concernés témoignent de l'intérêt de cette réforme pour leur pays. Y compris des chefs d'entreprise satisfaits de pouvoir assurer leurs employés à moindre coût.
L'opposition républicaine risque bien de parvenir à ses fins. Car à six semaines d'élections législatives cruciales, près de 50% de la population est hostile à cette réforme de leur système d'assurance maladie. Et ils pourraient bien apporter leur soutien au parti républicain.
Mr Barack Obama défend sa réforme, en s'adressant aux électeur : "je veux qu'ils viennent vous regarder dans les yeux et dire: désolés, vous ne pouvez pas vous assurer, ou désolés, votre petit ne va pas pouvoir être opéré".

Le Financement au cœur de la réforme US

Les 940 milliards de dollars du coût de cette réforme (sur 10 ans) seraient financés par des subventions d'état et par la taxation (à hauteur de 67 milliards pour les entreprises de santé, sur 10 ans). Par ailleurs, un système de pénalité pour ceux qui refuseraient de s'assurer (particuliers comme entreprises) est mis en place.
Enfin, pas de Caisse Publique à la mode française. Le cotisant pourra choisir son assureur. En France, il existe une Caisse obligatoire suivant la profession: Cnam , MSA, Canam. À laquelle s'ajoute une assurance santé complémentaire privée pour ceux qui le veulent (et le peuvent).

S'inspirer de la Réforme US

Cette dualité Caisse obligatoire / Assureur privé fait "exploser" notre système de soins: les Caisses obligatoires, qui n'ont aucune nécessité de "rentabilité", se moquent d'orienter les assurés vers des filières plus performantes. Par ailleurs, en doublant les instances de gestion, on double les coûts de fonctionnement.
Ce genre d'organisation à deux têtes est réputé inefficace et coûteux. C'est d'ailleurs sur ce constat que l'actuel Président, Mr Nicolas Sarkozy, a réunifié l'Anpe et l'Assedic avec la création du Pôle Emploi.
La centralisation des structures chargées du social et du public semble bien une piste à explorer pour notre propre réforme de l'Assurance Santé. Reverser l'intégralité du risque "soins" aux assureurs privés favoriserait la concurrence entre les filières et les professionnels de santé (spécialistes, laboratoires, industrie pharmaceutique, ambulanciers...). L'État ne conservant à sa charge que le financement des équipements publics (hôpitaux, scanners, services d'urgence, pôle de compétence et de conseils à la Suédoise), qu'il pourrait par ailleurs rentabiliser en les louant au Privé.