Contraception gratuite pour les mineures: utile?

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Promesse de campagne de M. Hollande, la contraception sera intégralement remboursée pour les mineures dès 15 ans. L'objectif: offrir à tous l'accès à une contraception, en tout anonymat. Mais cela est-il vraiment possible? Quelles sont les limites de cette proposition? DevisMutuelle, votre comparateur de mutuelles, vous explique tout.

Alors qu'on annonce le déremboursement de la pilule de 3ème génération, on veut rembourser intégralement la pilule aux jeunes filles mineures. L'objectif: réduire le nombre d'IVG, bientôt remboursées à 100%. DevisMutuelle, votre comparateur de mutuelles, vous présente son analyse du sujet.

Que propose la Ministre de la Santé?

La contraception va être remboursée à 100% aux mineures. Mais ce remboursement ne couvrira pas tout les moyens de contraception. Seront concernées l'implant, le stérilet, et certaines pilules. La pilule de 3ème génération ne sera évidemment pas remboursée, ainsi que l'anneau, le patch, ou encore les préservatifs. Autre aspect: la demande de contraception sera complètement anonyme. En principe...

Une mesure réellement utile?

Le remboursement existe déjà!

Sachez que le remboursement des moyens de contraception aux mineures existe déjà, et ce depuis... 1974. En effet, le planning familial est là pour ça, et à la différence de la proposition de M. Touraine, il distribue même les préservatifs. Il s'agirait donc d'une mesure qui, au mieux, simplifierait l'accès à cette gratuité, la France manquant cruellement de centres de planification.

De plus, certaines régions mettent en place des dispositifs du genre, comme le Pack Santé + en PACA.

L'anonymat, possible?

Si le remboursement des moyens de contraception existe déjà, cette loi assurera-t-elle au moins l'anonymat des jeunes filles? Rien n'est moins sûr. Pour bénéficier d'un remboursement, ne faut-il pas présenter sa carte vitale? Ne doit-on pas avancer les frais s'il nous ne bénéficions pas du tiers-payant? Dès lors que l'on donne sa carte vitale, il est difficile d'imaginer comment la notion d'anonymat puisse être respectée, étant donné la procédure administrative autour des remboursements.

Pas de place au choix

Pouvoir choisir sa contraception, c'est primordial. Or, cette mesure ne prévoit que le remboursement que de certaines... Mais chaque personne ne réagit pas de la même façon face à un traitement, et un choix doit être fait en fonction du profil de chacun.

Par exemple, imposer la pilule à une jeune fille, c'est lui imposer une contrainte, voir même un stress supplémentaire, selon la personne: ne jamais l'oublier, la prendre à heure régulière, mais aussi, peut-être, le cacher à ses parents... Certes, reste la solution de l'implant ou du stérilet, mais les supporter n'est pas évident. Pourquoi bloquer l'accès aux nouveaux moyens de contraception, tellement plus pratiques?

On attend toutefois les véritables décisions autour de cette mesure, qui, pour l'instant, n'a été exposée que dans ces grandes lignes.