Grève des déçus du PLFSS 2013

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Certains professionnels de santé ne semblent pas enthousiastes -euphémisme- par les dernières mesures du gouvernement. D'une part la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ne satisfait pas les laboratoires d'analyse médicale. D'autre part, l'accord sur les dépassements d'honoraire ne réjouit pas les chirurgiens, les gynécologues obstétriciens et les internes. Votre comparateur de mutuelle fait le point sur les revendications de ce personnel médical et de leurs actions pour les faire entendre.

Les chirurgiens, les anesthésistes et les gynécologues obstétriciens se préparent à faire grève

Ils sont prêt à discuter avant la grève, mais ont déjà annoncé qu'à compté du 12 novembre, si aucun accord n'était trouvé, ils entreraient dans un mouvement de grève illimité.

Des assurances onéreuses

La raison de cette grogne, l'accord sur les dépassements d'honoraires, que le syndicat "Bloc" (qui regroupe des chirurgiens, des obstétriciens et des anesthésistes) a refusé de signer. Dans ces spécialités, le montant des charges, notamment de l'assurance responsabilité professionnelle, est très élevé. Et c'est sans compter les autres assurances des professionnels de santé.

Les mutuelles santé devraient plus rembourser

Aussi, ils militent pour un plafond supérieur à 150% de dépassement d'honoraire excessif, d'autant que selon eux, il faudrait assurer que le tarif des actes soit revalorisé correctement au fil des années pour que l'accord puisse durer. Ils regrettent que les mutuelles et les complémentaires santé refusent de prendre correctement en charge les dépassements d'honoraires.

Ils sont conscients que leur mouvement engendrera forcément des désagréments pour les patients, avec des reports importants d'opérations chirurgicales, et des transferts probables de patients vers les hôpitaux qui souffriront également de la grève des internes. Ces praticiens devraient manifester le 14 novembre 2012 devant le ministère de la santé.

Les internes aussi se mettent en grève

Ils sont les "oubliés" de la négociation sur les dépassements d'honoraire, et sont fâchés! Présents en tant qu'observateurs dans les négociations, les internes considèrent ne pas avoir été entendus. Ils seront en grève reconductible à partir du 12 novembre 2012 et manifesteront à Paris, mais pourront cependant être réquisitionnés par les hôpitaux.

Mais leurs motifs de mécontentement ne se résument pas à cette unique affaire. Ils se plaignent également d'une dégradation de leurs conditions de travail: ils travaillent jusqu'à 70 heures - 90 heures par semaine. Pour finir, alors que l'État planche sur des systèmes pour faire reculer les déserts médicaux, eux ne souhaitent pas voir entravée leur liberté d'installation, mais que seulement des mesures incitatives (et non coercitives) soient prises.

La simili grève des laboratoires de biologie

Les laboratoires d'analyse médicale en ont assez de voir, année après année, les tarifs des actes revus à la baisse. Cette semaine, du 5 au 9 novembre 2012, pour matérialiser leur mécontentement, réunis dans la PEP (Plateforme d'exercice Professionnel), la plupart d'entre eux restreignent leur activité.

En question, la septième baisse consécutive des tarifs pratiqués dans les laboratoires, annoncée dans la loi de financement de la Sécurité Sociale. Ils avaient pourtant demandé une revalorisation des tarifs pour faire face aux augmentations de charge. En effet, les laboratoires sont dans l'obligation de se conformer à une nouvelle norme qui se traduira par des investissements nouveaux. Les laboratoires se disent préoccupés de la dégradation de leur situation financière, qui pourrait aboutir à de nombreux licenciements et des fermetures de laboratoires dans les prochaines années.

Deux actions principales ont été menées cette semaine par les membres du PEP pour dénoncer cette nouvelle baisse. Premièrement, les laboratoires, intégrés à un mouvement national de protestation, soit ferment leurs portes (sauf en cas d'urgence), soit n'ouvrent que la matinée. Ensuite, cette semaine, les laboratoires ont transmis les feuilles de soin au format papier à la sécurité sociale au lieu d'utiliser les moyens de télétransmission, ce qui génère des coûts et du temps de traitement supplémentaire.