Le bébé-bulle algérien, Manil, opéré à Lyon

Mondialiser le modèle assurance maladie
Le bébé Algérien, Manil, atteint d'un grave syndrome de Déficience Immunitaire, peut être sauvé grâce à une opération délicate: la greffe de moelle osseuse, que sa maman a souhaité faire réaliser en France. Refus des hôpitaux français, car l'Algérie, dont elle est ressortissante, doit 34 millions d'euros aux établissements hospitaliers français (et donc à la Sécurité Sociale). Le bébé-bulle sera finalement opéré à Lyon.Au-delà de la mobilisation et des opinions de chacun, l'évènement pose un autre problème: celui des limites d'un système d'assurance maladie unique au monde, l'Assurance Maladie de la France. Le comparateur DevisMutuelle résume les faits...

Le refus des Hôpitaux français

Parce que la Caisse Nationale d'Assurance Sociale (CNAS) algérienne doit 34 millions d'euros aux hôpitaux français qui ont pris en charge les ressortissants algériens. Attention à l'amalgame: ce n'est pas l'Assurance Maladie qui a refusé le petit Manil, ce sont les administrations de chaque hôpital contacté par le père de l'enfant, dès lors qu'il précisait que la prise en charge serait faite par la CNAS algérienne. Les médecins eux, étant tous d'accord pour intervenir.

Pourquoi soigner le bébé-bulle en France?

Parce que l'opération, selon les parents du bébé-bulle, ne peut pas être réalisée en Algérie.

La décision du Ministère de la Santé

La mobilisation qui s'est faite autour du bébé-bulle a permis d'informer le Ministère de la Santé qui a débloqué la situation: l'opération aura bien lieu en France. Mais comme toute opération, elle a un coût, financé par les charges patronales, les charges salariales, et les mutuelles. Pas question d'opérer gratuitement: les frais de l'opération seront ajoutés à la dette de la CNAS algérienne. Une opération de greffe de moelle osseuse pour soigner le Syndrôme de Déficit Immunitaire Combiné Sévère (SCID-X) coûte de 200 000 à 300 000 euros. Une somme que même un français ne pourrait pas acquitter sans l'Assurance maladie, sans prendre un crédit à vie, qui représente le prix d'une maison...

Une réponse assurément humanitaire, pour une problématique comptable

Même si la décision du Ministère de la Santé a donné la priorité à la nécessité humanitaire, il n'en reste pas moins la réalité comptable. La CNAS devra acquitter sa dette, au risque de condamner d'autres malades à des refus similaires. Même des français défavorisés, faute de moyens financiers suffisants en France. Le système d'Assurance Maladie reste fragile: il n'est financé que par les cotisations sociales. Il nous sera impossible, quand bien même nous le souhaiterions, de financer les soins de tous. C'est une réalité triste et dramatique, mais mathématique: les agences de notation n'ont que faire de nos élans humanitaires, quand elles décident de dégrader la note de la France, au risque de plonger notre pays dans la récession. Laquelle engendre hausse d'impôt, hausse de TVA, hausse d'impôt, hausse de taxe sur les mutuelles, restrictions de l'Assurance maladie, etc...

Quelle solution pour l'accès aux soins à tous?

En dehors d'équilibrer les systèmes de protection sociale de tous les pays acteurs de la mondialisation, il n'y en a pas. Ce qui veut dire que la main d'œuvre à bas coût est le premier problème à régler, si on veut espérer résoudre le problème de l'accès aux soins pour tous. Un rêve que favorise encore moins les délocalisations de plus en plus fréquentes.