Nos médicaments (beaucoup) trop chers?

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Selon un rapport de la députée Michèle Rivasi, les médicaments vendus en France sont beaucoup plus chers que chez nos voisins européens. Pour un même médicament, on peut trouver un prix 18x plus élevé chez nous qu'en Italie, par exemple... et au final, c'est la sécurité sociale qui paie, donc le contribuable.

10 milliards d'euros: c'est ce que pourrait économiser la France en 3 ans, si elle alignait ses prix sur ceux des pays européens. Et c'est loin d'être une paille, quand on sait que la Commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS) prévoit un déficit de 14,3 milliards d'euros.

Un constat effarant

Non seulement les français consomment trop de médicaments (même si la consommation de médicaments baisse légèrement), mais si, en plus, les prix sont beaucoup trop élevés, le cocktail devient vite explosif pour les comptes de l'Assurance maladie.

On apprend qu'en moyenne, les français se voient délivrés 5 médicaments par ordonnance, contre 2 en Italie, un pays qui comporte pourtant de grandes similarités démographiques et économiques avec la France.

Mais encore plus inquiétant, le prix des médicaments en France semble atteindre des records par rapports aux autres pays d'Europe. Le rapport souligne notamment l'exemple du Copegus, un traitement contre l'hépatite C. Accrochez-vous: vendu 31 euros en Italie, il nous est proposé à... 570 euros! Si la différence de prix n'est heureusement pas autant marquée pour tous les médicaments, reste que la France vend, de manière générale, les médicaments beaucoup plus chers que d'autres pays. Le tout aux frais de la sécu!

Comment expliquer ces prix si élevés?

Il n'y a pas de réponse concrète à la question "pourquoi" des prix si élevés. Plusieurs facteurs entrent en jeu pour définir le prix d'un médicament: le prix de vente par les laboratoires, les marges des pharmaciens...

Certains parlent de "chantage à la délocalisation" de la part de l'industrie pharmaceutique. Une sorte d'accord non-officiel entre l'État, qui prend en charge des remboursements importants, et assure ainsi la vente de ces médicaments, et les laboratoires, qui peuvent ainsi vivre et employer en France sans délocaliser.

De plus, beaucoup trop de médicaments inutiles, au service médical rendu faible, sont remboursés par la sécurité sociale. De "nouveaux médicaments", qui ne sont en fait plus ou moins que des copies d'anciens, sont vendus plus chers et remboursés, alors qu'ils n'apportent rien de plus. La compétence des médecins en pharmacologie est alors remise en question. Ces derniers se voient souvent démarchés par des commerciaux qui vantent les mérites de leurs médicaments, et les convainquent de les prescrire, parfois en contrepartie de petits "cadeaux": voyages...

Des pistes pour baisser le prix des médicaments

Alors que les pharmaciens réclament des "honoraires de compensation", le rapport préconise diverses solutions pour réduire les dépenses et ainsi économiser 10 milliards d'euros:

  • Le remplacement des marges commerciales par des honoraires simples: le pharmacien n'aurait plus d'avantage à vendre un médicament plutôt qu'un autre;
  • La réduction de moitié du prix des médicaments génériques, en mettant en concurrence les laboratoires, qui auraient tendance à s'accorder sur les prix pour se partager le gâteau;
  • Le déremboursement des médicaments sans grand intérêt thérapeutique;
  • La mise en place d'un logiciel à destination du pharmacien, dans le but de l'aider à prescrire le meilleur médicament en tenant compte de son prix.

Le mot de votre comparateur de mutuelles

Espérons que le gouvernement tire de bonnes leçons de cette étude; si les bonnes décisions sont prises, et qu'elles fonctionnent, cela permettrait presque d'équilibrer le budget de la sécurité sociale! Et le tout, sans remettre en cause la qualité des soins...