Polémique autour des maternités

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Après le décès, in utéro, d'un bébé pourtant arrivé à terme, la France s'interroge sur le bon fonctionnement des maternités et tente de comprendre les causes de ce drame. Retour sur la polémique de la clinique Port-Royal, établissement pourtant réputé de notre capital.

DevisMutuelle, votre comparateur de mutuelles, revient sur la polémique autour des maternités. Pour quelle(s) raison(s) la maternité n'a-t-elle pu accueillir sa patiente? Comment s'assurer d'un bon fonctionnement mutuel à toutes les maternités françaises? Le débat est ouvert.

Que s'est-il passé à Port-Royal?

La patiente était suivie par la maternité de Port-Royal. Mardi, puis jeudi, elle s'y était rendue pour un examen, et le déclenchement de son accouchement. Mais, suite à l'examen, on lui aurait demandé de retourner chez elle. Dans la nuit de jeudi à vendredi, elle s'est représentée à Port-Royal, se plaignant de douleurs, et inquiète pour son enfant qui ne bougeait pas beaucoup. C'était malheureusement trop tard.

Comment un enfant, pourtant arrivé à terme et sans complication médicale, ne survit pas, faute de place dans une clinique? Après le choc de la nouvelle, vient le moment des questions. Et de la polémique.

La classification des maternités en cause?

Depuis 1998, les maternités sont classées, selon 3 niveaux:

  • La maternité de type I: disposant uniquement d'une unité obstétrique, elle permet de suivre les grossesses dites normales, sans complications;
  • La maternité de type II: grâce à une unité de néonatologie, elle peut suivre les femmes présentant des grossesses à risque modéré, et des nouveau-nés nécessitant un suivi particulier;
  • La maternité de type III: son service de réanimation néonatal permet le suivi des grossesses les plus risquées. C'est le cas de Port-Royal.

Cette différenciation des maternités a poussé les patientes à se diriger vers les maternités de type III. Les "petites" maternités sont délaissées, et les plus grandes saturées. Pourtant, dans le cadre d'une grossesse normale, sans risque particulier, la qualité des soins n'est en aucun cas remise en cause. Après avoir payé des conséquences de l'hospitalo-centrisme en France, le même phénomène réapparaît-il autour des maternités de type III?

Faut-il revoir l'organisation des maternités?

Pour le CNSF, le Collège National des Sages-Femmes de France, il faut réorganiser entièrement la prise en charge des femmes enceintes: "Si tous les moyens techniques n'étaient pas monopolisés pour toutes les femmes enceintes, les grossesses qui le nécessitent réellement pourraient en bénéficier en temps et heure !" Déclare-t-il. Concrètement, pour un bon suivi mutuel à toutes les grossesses, la prise en charge doit être fonction du niveau de risque, pour ne pas bloquer les places à d'autres futures mamans.

Pour le PCF, le drame de Port-Royal renvoie aux "conséquences désastreuses des suppressions de postes massives et des restructurations en rafale". Du côté du FN, on affirme qu'il faut se pencher sur la question des moyens hospitaliers.

En effet, un article de l'Expansion a récemment publié le prix des hôpitaux publics. Si les prix de certains paraissaient injustifiés, il en est ressorti que l'hôpital subit des coûts de plus en plus importants, qui deviennent très durs à supporter, d'où la flambée du prix d'une hospitalisation.

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Selon un rapport d'Euro-Peristat de 2008, la France avait, en 2004, le plus fort taux de mortalité avant naissance (9,1 bébés sur 1 000). En France, on ne compterait malheureusement pas d'indicateurs permettant de mesurer cette mortalité.

C'est donc une révision complète du plan de périnalité qui pourrait se voir engagée. Pour remédier à la saturation des maternités, on pense au développement de maisons de naissances, pour les grossesses dites normales. Ce serait, en quelque sorte, l'équivalent des maisons de santé pour lutter contre les déserts médicaux, et l'engorgement hôpitaux.

Une enquête permettra, d'ici un mois, de déterminer les causes du décès du bébé à Port-Royal. Elle ouvrira certainement de nouvelles pistes de réflexion quant à la réorganisation des maternités françaises.