Pilule en recul: risque d’IVG faute de mutuelle?

La pilule en baisse
Depuis la libération de la femme des années 70 et la loi sur l'avortement, c'est une première: les femmes des années 2000 voient leur liberté de choisir leur grossesse mise en danger... par manque de moyens! Si on constate une évolution dans le choix de la méthode contraceptive, certaines d'entre elles n'ont tout simplement plus les moyens de prendre la pilule, ou une autre contraception. Contraception trop chère et mutuelle trop chère, sont les deux mamelles de cette tendance... Avec un risque à la clé: la hausse des IVG!

C'est le 17 janvier 1975 que la loi sur l'interruption de grossesse, promulguée par Simone Veil, marque un tournant décisif dans la vie des femmes. C'est en septembre 2012 que l'inflation et les crises successives marquent un tournant dans la vie des femmes, plus particulièrement des jeunes femmes...
Le remboursement de pilule de 3ème génération, que nous avions annoncé sur notre comparateur de mutuelles complémentaires santé, ne sera-t-il plus bientôt qu'un privilège de nantie?

Contraception, assurance santé et mutuelle

En effet, les moyens contraceptifs remboursés par l'assurance santé sont peu nombreux. Et même dans ce cas, une mutuelle prenant en charge la contraception permet d'en alléger le coût pour les femmes.

Recul de la pilule: 2 raisons

Depuis 2000, ce sont 4,6 % de femmes en moins qui prennent la pilule, pour deux raisons.

La première: d'autres moyens de contraception apparaissent, et les habitudes changent. Risque sur la santé des femmes, désagréments d'une pilule souvent mal supportée, risque d'oubli: les françaises s'en détournent.
La pilule cède du terrain au patch contraceptif, à l'implant et enfin à l'anneau vaginal. Le DIU quant à lui est le 2ème moyen de contraception le plus utilisé par les femmes. La pilule du lendemain quant à elle, est prescrite seulement en cas d'urgence.

La seconde: le coût des contraceptifs, souvent non remboursés, ou peu. S'ajoute à cela que les mutuelles ne remboursent pas toujours les pilules, ou d'autres contraceptions.

Coût des moyens contraceptifs remboursés

L'assurance maladie ne rembourse que certaines pilules, et certains autres contraceptifs, sur ce barème:

Contraceptif Prix indicatif moyen Remboursement par l'assurance santé
Pilule de 1,68 € à 14€ / mois 65% mais seulement pour les pilules admises à remboursement. Gratuité possible*
Implant contraceptif 106,76 €
Durée: 3 ans
Hors coût de l'acte et de la consultation.
65% - Gratuité possible*
DIU (Cuivre ou hormonal) de 30,50 € à 125,50 €
Durée: 3 à 8 ans
Hors coût de l'acte et de la consultation.
65% - Gratuité possible*
Diaphragme et cape cervicale 45 € et 60 €
Réutilisable, mais il faut ajouter le coût du produit spermicide
sur la base de 3,14 €

(*) Gratuité possible de certains contraceptifs, y compris pour les non remboursés. Ils sont alors distribués dans les Centres de Planning Familial, pour les mineures les femmes n'ayant pas de couverture sociale. Le préservatif est d'autre part distribué gratuitement dans les centres de dépistage du SIDA.

Tous les autres contraceptifs ne sont pas remboursés.

La pilule: un luxe pour les jeunes femmes

Selon l'étude Fecond publiée récemment, la pilule reste la contraception privilégiée des jeunes filles et femmes de 20 à 24 ans. Les toutes jeunes filles adoptent souvent le préservatif ou les nouvelles méthodes de contraception.

Ce qui est évident, c'est que si les familles des mineures ou les jeunes femmes ont peu de revenu, l'achat d'un contraceptif passe au second plan des priorités.
Que dire de la souscription d'une mutuelle qui permettrait de mieux rembourser une pilule. Car si ces femmes renoncent à leur contraception faute de moyens, il y a de très grandes chances qu'elles renoncent à une mutuelle santé.

Le mot du comparateur de mutuelle santé

La contraception reste fort malheureusement un problème de filles: inconvénients et finances, ce sont elles qui assument une liberté sexuelle qui profite pourtant aussi aux hommes. Dans le contexte actuel, les freins économiques risquent bien d'entraîner une hausse du recours aux IVG: un risque supplémentaire, lui aussi à la charge des femmes, sans compter le traumatisme psychologique que l'avortement peut entraîner...