Réseaux de soins des mutuelles

reseaux de mutuelles
Les mutuelles disposent déjà de leurs réseaux de soins. La nouveauté, c'est une proposition de loi, qui va être examinée par l'Assemblée Nationale, qui propose d'autoriser les mutuelles santé à pratiquer des remboursements préférentiels aux assurés qui décideront de choisir un professionnel de santé du réseau. Pour certains, c'est l'assurance d'un accès aux soins à tous; pour d'autres, on se dirige vers la fin du libre choix de son médecin.

DevisMutuelle, votre comparateur de mutuelles, analyse pour vous cette proposition de loi. Entre l'accord sur les dépassements d'honoraires, les futures discussions sur la lutte contre les déserts médicaux, et maintenant les réseaux de soins des mutuelles, les médecins sont plus que jamais au cœur des débats.

Pourquoi des réseaux de soins de mutuelles?

Pour les mutuelles santé, les réseaux de soins sont la solution pour offrir l'accès aux soins à tous. Ce qu'elles souhaitent, c'est pouvoir adapter leurs remboursements en fonction du professionnel de santé que l'assuré aura choisi. Ils concernent principalement les domaines mal pris en charge par la sécurité sociale: l'optique, le dentaire...

Ainsi, choisir un professionnel du réseau de sa mutuelle donnerait droit à de meilleurs remboursements. En effet, le réseau de soins s'appuie sur un système de "parrainage". Les professionnels de santé s'engagent à respecter une charte imposée par la mutuelle santé, ainsi qu'une fourchette de prix pour ses prestations, et en retour, les mutuelles y orientent leurs assurés. La nouveauté, c'est qu'ils pourraient aussi être mieux remboursés.

Les mutuelles santé sont les seules à ne pas appliquer de tarifs différenciés. Les autres assurances (assurance auto, assurance moto, assurance habitation...) et les institutions de prévoyance sont autorisées à faire varier leurs remboursements en fonction de l'appartenance ou pas à leur réseau de professionnels.

Mr Hollande, lors du Congrès de la Mutualité Française en octobre, ainsi que la ministre de la santé Marisol Touraine se sont engagés à supprimer cette différenciation.

Une idée qui fait débat

Quels sont les risques d'un réseau de mutuelles?

Les deux principaux syndicats de médecins, le CSMF et le SML se soulèvent contre cette éventualité.

En effet, ils s'inquiètent sur la liberté des assurés, à terme, de choisir leurs professionnels de santé. Se dirige-t-on vers la fin du libre-choix de son spécialiste? Et puis, comment les mutuelles vont-elles s'assurer de la qualité des soins apportés par les adhérents de leur réseau?

Les médecins s'inquiètent donc. À terme, ne risque-t-on pas de se voir imposer aussi notre médecin généraliste, ou notre chirurgien? Si les médecins doivent accepter des conditions pour intégrer un réseau, ne risquent-t-ils pas de se voir imposer des contraintes sur leurs pratiques? Comment, alors, pourra-ton se repérer pour choisir un meilleur professionnel de santé? Ne va-ton pas niveler le niveau des praticiens, et ainsi remettre en cause l'excellence française dans le domaine de la médecine?

Autre souci: si tous les assurés vont chez les mêmes médecins, ne va-t-on pas devoir gérer des délais d'attente de plus en plus longs?

L'adhésion à une mutuelle santé, si elle est déjà fortement conseillée, ne risque-t-elle pas tout bonnement de devenir obligatoire pour accéder à des soins? Pour être remboursé dignement, il faudra impérativement souscrire une mutuelle santé, et cette dernière aura le plein pouvoir sur le contrôle des tarifs. Certains vont plus loin en affirmant que l'on va assister à la privatisation du système de soin français, et que les mutuelles vont prendre le pas sur la sécurité sociale.

Un amendement pour limiter les risques de dérive

Ce que souhaitent les syndicats de médecins, c'est que soit ajouté à cette loi un amendement afin que les réseaux soient encadrés par l'État. Ils veulent s'assurer que les mutuelles ne leur imposeront pas des contraintes sur leurs pratiques, que les patients soient libres de choisir leur professionnel, mais aussi que l'intégration à ces réseaux de soins soit autorisée sans condition.