Santé publique: la dengue, pandémie du tigre

Moustique tigre
Récemment, plusieurs cas de dengue autochtone (contamination sur le territoire français) ont été déclarés. Va-t-on assister à un tsunami préventif, comme la campagne contre le virus AH1N1? Quels sont les dangers réels de la dengue, comment se protéger, ou se soigner?

Alerte 3 déclenchée

Trois cas avérés de contamination de dengue par des moustiques tigres ont été recensés dans le département des Alpes-Maritimes. Le préfet, Mr Francis Lamy, estime nécessaire une prise en charge du risque très rapide. En effet, 2 des malades habitent le même quartier de Nice. On attend les résultats d'analyse pour 6 à 7 autres cas suspects. En plus du dispositif de communication étendu aux ports et aéroports, 49 campagnes de démoustication ont été menées.
Le niveau d'alerte 3 est donc déclenché. Le niveau 5 (maximum) concernerait une diffusion de la dengue sur tout le département.

Dengue: quels risques?

La Dengue (aussi appelée grippe tropicale) est un virus transmis par le moustique tigre, une espèce venue d'Asie du sud-est et de l'océan Indien. Les voyages en avion ont favorisé son extension dans le monde. Cette maladie tropicale a plusieurs formes: classique, et sévères.
Pour les formes sévères, l'état du malade peut brutalement devenir très critique, entraînant le décès en 12 à 24 heures. Ou au contraire le malade peut récupérer rapidement, avec un traitement médical adapté. Les frais médicaux pourront être remboursés par votre complémentaire santé ou votre mutuelle d'entreprise.

Dengue classique, premiers symptômes

Ce sont les symptômes de la grippe:

  • fièvre élevée à plus de 39 °C, durant 2 à 7 jours (plus longue, elle remet le diagnostic en cause),
  • maux de tête forts et invalidants,
  • douleurs des muscles et des articulations,
  • asthénie importante (fatigue),
  • en fin de fièvre, possibles éruptions cutanées (tronc, visage, extrémités) avec démangeaisons,
  • vomissements et douleurs abdominales,
  • problèmes hémorragiques possibles, de bénins à plus graves.

Dans certains cas, le malade peut être victime de déshydratation. La forme classique peut évoluer en forme sévère.

Dengue, formes sévères

Elle atteint le plus souvent les enfants de moins de 15 ans, et se manifeste dans les 3 à 4 jours avec:

  • la température s'effondre brutalement,
  • l'état du patient s'aggrave,
  • problèmes hémorragiques (fuite de plasma, troubles de la coagulation, saignements digestifs...).

Il en existe différentes manifestations: hémorragique, avec syndrome de choc, avec atteinte organique (cerveau, foie, cœur, rate).

Prévention de la dengue

Il n'existe aucun vaccin. Il faut donc éviter les piqûres:

  • Moustiquaires imprégnées d'un insecticide.
  • Insecticides et répulsifs cutanés à base de DEET, appliqués toutes les 4 heures. La citronnelle est inefficace contre le moustique tigre.
  • Port de vêtements longs à la tombée du soir.

Autre recours, lutter contre le développement du moustique:

  • Élimination des lieux de ponte: eaux stagnantes et chaudes. Vases oubliés dans un coin du salon, coupelles des pots de fleur, vieux pneus... Tout ce qui peut garder l'eau de pluie et la chauffer.
  • Campagnes de démoustications. Inconvénient, elles peuvent rendre le moustique résistant, outre leur toxicité pour l'environnement.

Traitement

Il n'existe pas de traitement spécifique contre le virus lui-même. En général la dengue classique guérit spontanément, sans complication ni séquelle, sauf une asthénie persistante longue à rétablir.
Mais les dengues de formes sévères sont très dangereuses. Il faut aller aux urgences au moindre signe d'aggravation. On traite les symptômes eux-mêmes: repos, réhydratation par intra-veineuse, antalgique (paracétamol) contre les douleurs...

Immunité

On peut développer une immunité à la dengue, à condition de contracter 4 formes différentes (1 hémorragique et 3 non-hémorragiques).

À éviter absolument

  • L'auto-médication est déconseillée: la maladie peut être évolutive, il faut faire appel à un médecin compétent.
  • Aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués: ils aggravent les symptômes hémorragiques.