La sécurité sociale indexée sur le revenu?

Faire varier les remboursements d'assurance maladie en fonction des revenus: voila la proposition d'une étude parue dans la revue de l'Insee, Économie et Statistique. La prise en charge par la sécurité sociale se ferait donc au cas par cas.
Les économistes Pierre-Yves Geoffard et Grégoire de Lagasnerie préconisent l'introduction de franchises et plafonds dans le système de remboursement des soins de ville.

Il faut sauver la sécurité sociale!

La sécurité sociale est en déficit, ce n'est un secret pour personne. Tout est bon pour trouver de quoi la faire tourner, comme en témoignent les taxes prévues par son plan de financement 2013. Entre les déremboursements, ou l'augmentation constante du ticket modérateur, de plus en plus de soins sont à la charge du patient et l'assurance maladie semble de plus en plus se désolidariser de ses assurés. Mais pour le moment, un principe reste intouchable: celui de l'universalité. Chaque personne est prise en charge de la même façon que son voisin, sans aucune distinction entre les individus. Un principe qui pourrait être bientôt mis à mal.

Remboursements variables des soins de ville?

Une étude propose d'indexer les remboursements des soins de ville sur les revenus des patients, à titre individuel: l'indexation ne prendrait donc pas en compte les revenus du ménage, mais uniquement de la personne malade. Les soins hospitaliers seraient épargnés. Les soins de villes représentent plus de la moitié des dépenses de la sécurité sociale, à savoir 96 milliards d'euros en 2011. L'étude démarre du constat des deux économistes, qui est que "le système français ne réussit pas véritablement à garantir à l'ensemble de la population une couverture suffisante à un prix acceptable". L'idée, c'est donc réduire les remboursements de la majorité des français pour assurer une meilleure couverture aux personnes qui ont besoin de plus de soins. Concrètement, l'étude propose la mise en place de franchises et plafonds, proportionnels aux revenus. Tous les assurés devraient payer la même franchise annuelle, qui servirait à financer le remboursement à 100% au-delà d'un plafond.

Le mot de votre comparateur de mutuelle

L'application d'une telle proposition modifierait profondément la sécurité sociale telle que nous la connaissons. La situation actuelle la pousserait-elle à s'éloigner petit à petit de ses principes? En tout cas, les français pourraient avoir l'impression que l'État les lâche peu à peu, et se désolidarise de ce qui est pourtant un socle de notre République, à savoir la sécurité sociale, dans son ensemble: santé, chômage, retraite... * Source: Étude de la Revue Économie et Statistiques, mai 2013