Télé médecine: légale en France

Télémédecine: légale en France
La télé médecine est peut-être une des clés pour réduire le déficit de l'assurance maladie, qui a conduit à une augmentation constante du coût des mutuelles, et un affaiblissement du système de soin français (déremboursements, forfaits etc). La médecine à distance, existe depuis 10 ans. Notamment en Suède ou au Danemark, où elle est déjà fonctionnelle. Grâce à cette nouvelle pratique, ces pays ont notoirement réduit leurs déficits de dépenses de santé: l'un des avantages. Sans cadre légal bien défini, la France était restée au stade expérimental de la télé médecine. Mais ceci vient de changer...
La Suède comme le Danemark, ainsi que d'autres pays européens, démontrent, chiffres à l'appui, qu'une médecine moins coûteuse passe par le virtuel. Cerise sur le gâteau, elle y gagne en efficacité... Avec une réduction de dépenses, on peut espérer que le tarif de cotisation pour souscrire une mutuelle va lui aussi baisser. À condition que les assurances complémentaires jouent le jeu!

Loi autorisant la pratique de la télé médecine

Prévue par la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" de 2009, l'exercice de la télé médecine est désormais autorisé en France, depuis Octobre 2010, par décret n°2010-1229 du 19 octobre 2010.

Des avantages, pour des mutuelles moins chères?

La télé médecine présente plusieurs avantages: pratiques, et financiers.

Avantage financier pour les malades et pour la mutuelle

Un des premiers avantages de la télé médecine est de pouvoir maintenir à son domicile le malade, dont l'état nécessiterait une hospitalisation régulière ou de longue durée, due au suivi fréquent nécessaire. On peut aussi "déléguer" la petite bobologie (rhume, gastro, grippe...) à des plateformes de télé-conseil qui apportent aide et conseil aux patients, plutôt que solliciter un médecin ou un spécialiste dont les honoraires sont plus élevés. Désengager les structures hospitalières, ainsi que les professionnels de santé, réduit les coûts de fonctionnement. Autre aspect: la télé médecine permet de traiter le cas d'un plus grand nombre de patients. Donc, une meilleure productivité du système de soins, à coût égal. Si la télé médecine permet de baisser le niveau des dépenses de santé, elle devrait permettre de revenir à des niveaux de tarifs de mutuelle santé moins chers, car elles auront moins à rembourser.

Avantages pratiques pour les malades et les professionnels

Là aussi, l'avantage le plus flagrant concerne le maintien au domicile: grâce à internet et une webcam, le médecin spécialiste peut "surveiller" son patient chaque matin, relever les résultats d'analyse nécessaires, observer le niveau d'autonomie de son patient, discuter avec lui... Il n'a pas à passer d'une chambre à l'autre: outre le temps économisé, il réduit aussi le risque de contamination d'agents pathogènes. Solliciter le patient contribue à le maintenir en meilleure forme, en lui offrant le réconfort et la sécurité de son domicile. Quant aux cas plus anodins, tout le monde conviendra de l'économie de temps grâce aux plateformes de télé médecine: plus de temps perdu dans les transports, ni en salle d'attente. Avec là aussi une meilleure sécurité sanitaire: qui n'a pas contracté un rhume chez son médecin, alors qu'il était venu pour autre chose... La télé médecine est aussi probablement l'avenir pour les campagnes ou les zones isolées, où les médecins et les structures se raréfient. Comme en grosse agglomération, où la concentration d'habitants (patients potentiels) impliquent une saturation rapide des structures de santé privées ou publiques. Elle entre aussi dans les prisons, où le soin reste un problème du point de vue des exigences de la sécurité.

La Télé médecine en pratique

La télé médecine peut se pratiquer à divers niveaux:
  • Maladies et soins de premier niveau avec les plateformes de téléconsultation
  • Prise en charge de la douleur et des soins palliatifs au domicile
  • Suivi spécialisé à distance: soit au domicile, soit pour faire intervenir un spécialiste exerçant à l'autre bout du pays
  • Plateformes d'échanges interopérables, grâce auxquelles les compétences peuvent être centralisées, comme le suivi du patient.
Pour les cas plus simple, le téléphone pourra suffire. Pour les cas plus complexes, il faudra compter sur une connexion internet, un ordinateur équipé d'une webcam. Des instruments d'analyses ou de mesures pourront équiper le domicile du patient. Les plateformes d'échanges, quant à elles, devront s'appuyer sur de puissants réseaux, capables de gérer tous les maillons de la chaîne, l'imagerie numérique, la téléconférence, la sécurisation des données du patient etc... Remarque: La loi ne fait pas tout. Suivent les difficultés et les limites techniques, culturelles, professionnelles. De nombreux praticiens débattent encore sur le périmètre d'intervention applicable aux téléconsultations.

Qui contacter?

Il existe déjà des centres pilotes en France, dans certains départements, ou au niveau régional. Les projets sont le plus souvent pilotés par l'ARS (Agence Régionale de Santé). Medecindirect et Docteurclic (filiale de Santé Assistance), 2 plateformes de télédiagnostic, sont encore en projet. Outre les questions techniques, le problème de "rentabilité" justifie souvent le retard de notre pays à mettre en place la télé médecine. Étonnant, car notre première priorité consiste à faire des économies, non pas rentabiliser notre système de soin. Rien de vraiment concret n'existe à ce jour, du moins du côté des instances publiques. Car les compagnies privées elles, sont plus rapides. Certaines proposent déjà un service de télé médecine payant, associé à leur offre de télé voyance, télé conseil juridique, télé assistance scolaire etc... Si elles s'appliquent à engager des médecins de l'ordre ou des professionnels de santé qualifiés, le seul obstacle sera d'ordre culturel: les français vont-ils avoir confiance? Et les mutuelles vont-elles rembourser ce type de consultation? Par ailleurs, ce service tarifé 2,50 € la minute, revient nettement plus cher que votre médecin préféré: s'il vous consacre 1/4 d'heure, sa minute à lui coûte 1,55 € seulement. Certaines plateformes envisagent de facturer en plus l'ordonnance.
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