Changer de mutuelle pour prendre soin de ses dents

soins-dentaires S’il est un poste de dépense qui peut peser lourd dans le budget des familles, ce sont les soins dentaires. Entre l’orthodontie qui devient de plus en plus fréquente chez les adolescents, et les poses de prothèses qui sont légion chez les seniors, le manque de remboursement de la Sécurité sociale peut faire grincer des dents. Les regards se tournent alors vers les mutuelles. Analyse.

Les Français délaissent leurs dents

L’Union Française de la Santé Bucco-Dentaire (UFSBD) tire depuis longtemps la sonnette d’alarme : 41% des Français ne vont pas voir leur dentiste au moins une fois par an comme elle le préconise. La Confédération Nationale des Syndicats Dentaires (CNSD) va plus loin en haussant ce chiffre à 80%. Une situation malheureuse qui incombe à la Sécurité sociale et à sa prise en charge famélique des actes. Une réalité que partage près de 51% de la population qui souhaiteraient des remboursements de soins dentaires plus importants. Sophie Dartevelle, présidente de la UFSBD estime même que « […] les inégalités d'accès aux soins dentaires sont une réalité que les pouvoirs publics ne peuvent pas ignorer[i] » avant d’entériner en souhaitant que la santé bucco-dentaire soit désormais considérée « comme une priorité de santé publique ». Exagéré ? Pas si sûr… L’Union insiste sur la corrélation entre les pathologies bucco-dentaires et l’état de santé général de chacun. En effet, les bactéries de nos dents peuvent se déplacer via les voies sanguines et provoquer des dommages dans tout l’organisme : cœur, sinus, reins, yeux. Un lien de cause à effet que 46% de la population interrogée ignore encore. Concernant l’orthodontie, l’intervention de la Sécurité sociale n’est pas plus fameuse. Une étude menée par la Fédération Française d’Orthodontie révèle qu’en 2015, près de 900 000 enfants ont eu recours à une pose de bagues. Un traitement qui peut coûter entre 600€ et 1 200€ par semestre pour un remboursement - pour les enfants de moins de 16 ans - s’élevant seulement à 193,50€, dans la limite de six semestres. Quant aux prothèses, couronnes et implants dentaires, ils ne sont remboursés que s’ils figurent sur la nomenclature de l’Assurance Maladie qui reverse alors 70% du Tarif de Convention (TC). Soit, pour la pose d’une couronne dentaire dont le montant atteint en moyenne 600€, une prise en charge de … 75,25€ ! Et avec l’avenir tourné vers le numérique comme l’annonce l’edp-dentaire, le coût des prothèses ne va pas aller en diminuant.

Une mutuelle dentaire, mais laquelle ?

Conscientes de la brèche, les mutuelles ont montré des dents afin d’offrir des remboursements dignes de ce nom. Et si toutes prennent en charge les soins courants dits conservateurs tels que le traitement des caries, le détartrage ou la dévitalisation, leurs formules concernant les couronnes, implants et prothèses dentaires ne sont pas identiques. Les complémentaires santé proposent des remboursements exprimés sous la forme d’un pourcentage avec plafond ou celle d’un forfait. Cette dernière option étant bien plus intéressante. Toutefois, un contrat montrant une prise en charge en pourcentage peut aussi bien se défendre dès lors qu’elle dépasse 250% du TC. Par exemple, une formule « moyenne » comme l’Offre 2 de MCDef avance un remboursement à hauteur de 200% du TC, soit un reste à charge pour l’adhérent de 313€ par semestre. Un contrat haut de gamme tel que Reunica présente un remboursement à hauteur de 400% du TC/semestre soit un reste à charge nul. Avec sa gamme Dynafi, CCMO n’est pas en reste : 1 300€/an pour l’implantologie mais avec des délais d’attente - période durant laquelle certaines prestations d’un contrat de santé ne sont pas pris en charge par la complémentaire santé - de 3 à 6 mois. Libre Assurances se positionne, avec sa gamme Santé Plus, sur un remboursement de 600€ par implant et par an. Le courtier en assurances Netvox pousse la prise en charge jusqu’à 800€. Enfin, M comme Mutuelle frappe fort avec sa gamme M’Santé, et son forfait de 1 200€ par année civile, cumulable avec 150€ alloués à d’autres actes dentaires non remboursés comme la parodontie.

Comment résilier votre complémentaire santé pour une mutuelle dentaire ?

Pour ceux qui souhaiteraient résilier la mutuelle, plusieurs solutions existent. La première consiste à envoyer deux mois avant la date anniversaire de votre souscription une lettre de résiliation avec accusé de réception stipulant votre volonté de mettre fin à votre contrat. La seconde est une conséquence directe de la loi Châtel vous permettant de vous détacher de votre complémentaire santé à n’importe quel moment, dès lors que votre organisme a omis de vous informer de la tacite reconduction de votre souscription au moment de l’envoi de votre avis d’échéance. Quant aux salariés qui adhèrent, depuis janvier 2016, à une mutuelle d’entreprise obligatoire, ils devront généralement adhérer à une surcomplémentaire santé proposant une prise en charge des soins dentaires plus intéressante que leur contrat actuel, ou justifier d'une complémentaire santé professionnelle plus avantageuse comme celle d'un conjoint par exemple. Renseignez-vous auprès de la mutuelle d'entreprise en question pour savoir ce qu'il convient de faire. Pour trouver un bon chirurgien-dentiste, rendez-vous sur l’annuaire dentaire. Quant à la comparaison de votre complémentaire santé avec d’autres offres santé, ayez le réflexe de passer par un comparateur de mutuelles dentaires afin de trouver la formule la plus adaptée ! D’autres articles sur la santé bucco-dentaire avec Information dentaire et Le fil dentaire.
[i] http://www.francetvinfo.fr/sante/psycho-bien-etre/les-francais-negligent-leur-hygiene-bucco-dentaire_1259253.html