Consultation médicale: les délais d’attente

Consultations: des délais d'attente dénoncés
Un mois, deux mois, trois mois... Le délai d'attente avant d'obtenir un rendez-vous médical est parfois très long et bien souvent décourageant. En France, ce problème, qui impacte autant les patients que les praticiens, touche surtout les médecines spécialisées, et notamment le secteur de l'ophtalmologie. Devismutuelle, votre comparateur de mutuelles, revient sur ce problème de santé publique.
Et ne comptez pas sur votre mutuelle pour éviter la file d'attente: tout le monde est logé à la même enseigne. À priori. Car si vous avez les moyens de payer les dépassements d'honoraires grâce à une bonne mutuelle, chez certains praticiens, on vous trouve une place. Il existe des agendas qui privilégient les assurés qui en ont les moyens! Grâce à votre mutuelle (ou votre porte-monnaie), le rendez-vous peut passer de 3, voire 4 mois, à 2 ou 3 semaines! Une pratique que l'accord récent sur les dépassements d'honoraire n'a sans doute pas abordée.

Difficulté d'accéder aux soins

D'après un sondage Ifop datant de novembre 2011 et effectué au niveau national, 58 % des Français déclarent avoir renoncé au moins une fois à aller voir un spécialiste à cause de délais d'attente beaucoup trop longs. Et 33 % avouent avoir capitulé plusieurs fois. À voir le temps d'attente moyen pour chaque spécialiste, on peut comprendre ce découragement:
  • 103 jours pour un ophtalmologiste (d'après l'UFC Que Choisir : 153 jours d'attente au tarif de la sécurité sociale, 109 jours d'attente avec dépassement d'honoraires)
  • 51 jours pour un gynécologue,
  • 38 jours pour un dermatologue,
  • pour un cardiologue, un ORL, un psychiatre ou un rhumatologue, le délai moyen se situe entre 28 et 29 jours.
En revanche, la consultation chez un médecin généraliste bénéficie d'un temps d'attente beaucoup plus court: 4 jours en moyenne. Cette situation est évidemment aggravée dans des zones rurales où la présence médicale est faible, déserts médicaux que le président François Hollande entend combattre.

Les ophtalmologistes, un temps d'attente record

Les ophtalmologistes sont les spécialistes les plus touchés par cette carence. Ils contraignent leurs patients à des délais d'attente records, bien souvent supérieurs à 3 mois, pouvant parfois atteindre une année entière! La demande est de plus en plus importante et augmente de 3 % par an, ceci dû notamment au vieillissement de la population, alors que le nombre de praticiens se réduit comme une peau de chagrin, diminuant de 4 % chaque année.

Les praticiens également excédés par ces délais

Si les patients sont excédés par cette situation, les praticiens ne sont pas moins démunis face à la pénurie de spécialistes. Les ophtalmos, via le Syndicat national des ophtalmologistes de France, ont d'ailleurs lancé une campagne d'affichage, il y a six mois, pour se plaindre. Expliquant ainsi que les quotas des autorités sanitaires françaises et le non remplacement d'un départ sur deux à la retraite sont largement insuffisants pour travailler dans de bonnes conditions.

Un problème de santé publique

Le gros problème avec ce phénomène est que les gens ne détectent pas ou pire, ne soignent pas certaines maladies et se retrouvent avec des complications. Dans un tel contexte, il y a urgence à trouver des solutions, à la fois pour les patients et pour les professionnels de la médecine. Quelques pistes sont avancées.

Les nouvelles technologies

L'entreprise Ophta Point Vision a développé une plateforme en ligne permettant de trouver un spécialiste disponible dans les 48 heures pour une prescription de lunettes ou de lentilles, et ce sans dépassement d'honoraires. Un tel outil, qui permet de croiser les disponibilités des différents ophtalmologistes, offre un gain de temps des deux côtés.

Augmenter les quotas

Afin d'enrayer le manque de spécialistes, les ophtalmos proposent de doubler le nombre d'internes formés en ophtalmologie tous les ans, pour répondre aux besoins de la population. Environ 80 sont formés chaque année: ce quota est insuffisant.

Créer des nouvelles professions

L'une des solutions pourrait résider dans la promotion de nouveaux métiers, auxquels les spécialistes surchargés de demandes pourraient déléguer certaines tâches. Comme par exemple, les ophtalmos qui délèguent auprès des orthoptistes certains problèmes oculaires, pour lesquels ils sont tout à fait aptes à pratiquer des examens.

Le mot du comparateur de Mutuelle

Si les rendez-vous manquent, on peut au moins se rassurer que les pistes d'amélioration, elles, se multiplient! Espérons que le problème soit bientôt abordé, car ne l'oublions pas, la prévention et la prise en charge précoce des maladies est une clé de la réduction des dépenses de santé. Un point sur lequel toutes les mutuelles s'accordent.